Tour de Tokyo

東京タワー

La Tour de Tokyo est l’une des icônes architecturales les plus emblématiques du Japon et un symbole incontournable de la métropole de Tokyo. Située dans le quartier de Minato, cette impressionnante structure en acier rouge et blanc se dresse majestueusement au-dessus de l’horizon de la ville depuis plus de six décennies. La Tour de Tokyo n’est pas seulement une attraction touristique de renommée mondiale, mais elle revêt également une signification culturelle et historique profonde pour les habitants de Tokyo et les Japonais en général.


 

Culture


 

東京タワー Tour de Tokyo
東京タワー Tour de Tokyo

La Tour de Tokyo (東京タワー, Toukyou tawaa, de l’anglais Tokyo tower) est une tour rouge et blanche située dans l’arrondissement de Minato à Tokyo au Japon. Elle est devenue le symbole de la capitale.

Son concept est fondé sur celui de la tour Eiffel de Paris. Elle a été réalisée par l’architecte Tachū Naitō. La construction démarre en 1957 et s’achève en 1958. La tour ouvre au public le 23 décembre de la même année. Elle possède deux observatoires et s’illumine la nuit selon les saisons et évènements.

Caractéristiques de la Tour de Tokyo

La Tour de Tokyo mesure 332,6 mètres de haut (soit 2,6 mètres de plus que la tour Eiffel, qui en mesure 330 en comprenant son antenne) ce qui en fait l’une des plus hautes tours en métal du monde. L’édifice ne pèse que 4 000 tonnes, bien moins que les 10 100 tonnes de la tour Eiffel. 176 ampoules réparties à différents endroits éclairent la tour.

Même si elle a aujourd’hui été surpassée par la très moderne Tokyo Skytree et ses 634 mètres de haut, la Tour de Tokyo reste un emblème et un bon point de vue pour admirer la ville.


Tour de Tokyo nuit

Fonctions de la Tour de Tokyo

14 signaux sont transmis depuis le sommet de la tour : 9 de la télévision (NHK, NTV, TV Asahi, Fuji TV…) et 5 de la radio FM (Tokyo FM, NHK FM…). La tour est équipée de caméras permettant de surveiller le trafic routier et maritime. Elle abrite également des antennes de la Japan Railways.

L’histoire de la Tour de Tokyo

Tour de Tokyo 1961
Tour de Tokyo 1961

Le 1er février 1953, la chaîne de télévision publique NHK émet pour la première fois, suivie le 28 août par la chaîne commerciale NTV. La croissance rapide du réseau de télévision a poussé le gouvernement japonais à réfléchir à la construction d’une antenne permettant de couvrir Tokyo et ses alentours. La topographie relativement plate de la région du Kantō rendait possible l’utilisation d’une seule antenne, pour peu qu’elle soit assez grande. Cette dernière permet la diffusion de signaux de télévision dans un rayon de 150 km.

Le gouvernement a donc décidé de construire une tour qui devait être le symbole de la reconstruction du Japon, encore marqué par les séquelles de la Seconde Guerre mondiale. Elle se devait de dépasser les références occidentales, comme la tour Eiffel dont elle s’inspire.

En raison des risques sismiques dans la région, touchée 30 ans auparavant par un grand séisme, la conception de la tour est revenue à Tachū Naitō, spécialiste de la construction parasismique. Il l’a conçue pour résister à des séismes deux fois plus puissants que le séisme de 1923 de Kantō, mais aussi à des vents supérieurs à 220 km/h.

En plus des contraintes naturelles, Hisakichi Maeda, président de la Nihon Denpatō et propriétaire de la tour, voulait qu’elle dépasse l’Empire State Building, qui était alors, du haut de ses 381 mètres (au niveau du toit), la plus haute structure du monde. Cependant, il semble que le manque de fonds et de matériaux ait eu raison de ce projet.

La construction débute en juin 1957, sur le site d’un ancien temple bouddhiste. Environ 400 ouvriers spécialisés dans la construction de gratte-ciels font partie de l’aventure. Sous les ordres de Seita Kurosaki, ils assemblent les 4 000 tonnes de poutres d’acier, dont environ un tiers provient de 90 chars de combat américains endommagés pendant la guerre de Corée.

Un an et demi plus tard, la tour est érigée et l’assemblage de l’antenne de 90 mètres est terminé le 14 octobre 1958. La Tour de Tokyo atteint alors 333 mètres, ce qui en fait la plus haute tour autoportante de l’époque, mais aussi la plus haute tour de Tokyo, loin devant les 40 mètres du bâtiment de la Diète nationale.

Sa peinture caractéristique, orange international et blanc, satisfait aux règles de sécurité aérienne. 28 000 litres de peinture sont nécessaires pour peindre la tour dans son intégralité, et cette opération doit être répétée tous les 5 ans.

La tour a ouvert ses portes au public dès le 23 décembre 1958 et elle a finalement coûté 2,8 milliards de yens. Elle n’est équipée qu’en 1961 d’antennes radios, situées au-dessus du premier observatoire à environ 200 mètres du sol.

Tour de Tokyo

Les principaux étages de la Tour de Tokyo

Foot town
Foot town

La base :

La tour est fondée sur une base carrée de 80 mètres de côté. Un bâtiment composé de quatre niveaux se situe entre les quatre piliers de la tour. Du nom de Foot Town, ce centre commercial de plusieurs étages abrite de nombreux restaurants, des boutiques ainsi que différentes attractions.

Tour de Tokyo foot town jour
Tour de Tokyo foot town jour
Tour de Tokyo foot town nuit
Tour de Tokyo foot town nuit
Observatoire principal
Observatoire principal

L’observatoire principal :

L’observatoire principal constitue le premier étage de la tour. Il est situé 145 mètres au-dessus du sol et peut être atteint de deux manières différentes, soit par les ascenseurs, soit par les escaliers, qui sont ouverts exclusivement les weekends et les jours fériés. Afin d’atteindre l’observatoire par les escaliers, les visiteurs les plus courageux devront gravir 660 marches mais seront récompensés à leur arrivée par la remise d’un certificat de reconnaissance.

Certificat Tour de Tokyo
Certificat Tour de Tokyo
Tour de Tokyo escaliers

Bâti sur deux niveaux, l’observatoire abrite au sein du premier niveau une petite salle de concert, le Club333, ainsi qu’un café. Deux fenêtres situées au sol sur les côtés Nord et Est de la tour permettent d’en apprécier la hauteur.

Tour de Tokyo observatoire principal

Des tables d’orientation constituées d’écrans tactiles sont situées aux quatre côtés de l’observatoire, et complètent le panorama à 360°. Des jumelles peuvent y être louées et sont utilisables également dans l’observatoire spécial.

Le second niveau est occupé par une boutique de souvenirs et plus surprenant, un temple shintō. Situé à 150 mètres du sol, c’est le plus haut temple shintō des 23 arrondissements spéciaux de Tokyo. Il est censé accorder des faveurs divines aux personnes passant des examens, mais également permettre de réussir en amour ou bien d’être protégé sur la route. C’est aussi à cet étage que se trouve l’ascenseur pour accéder à l’observatoire spécial.

Observatoire spécial
Observatoire spécial

L’observatoire spécial :

L’observatoire spécial se situe sous l’antenne principale, à 250 mètres du sol. Un ascenseur vitré permet de parcourir les 100 mètres séparant les deux observatoires. Une galerie circulaire ponctuée de longues-vues offre une vue panoramique unique sur Tokyo et certains lieux comme le Rainbow Bridge et par beau temps, sur le mont Fuji au sud-ouest.

Tour de Tokyo observatoire spécial

Un éclairage spécial et des musiques d’ambiance donnent à l’observatoire le style d’un film de science-fiction.

À l’occasion de son soixantième anniversaire en 2018, le grand observatoire et l’observatoire spécial ont fait l’objet d’une rénovation de grande envergure. Cette même année, grâce aux travaux de rénovation, la tour de Tokyo a accueilli le chiffre record de 180 millions de visiteurs.

Les différentes illuminations de la Tour de Tokyo

Depuis son inauguration, la tour profite d’un système d’éclairage décoratif. Jusqu’en 1987, seules les arêtes de la tour étaient illuminées. Pendant l’été de l’année 1987, la Nihon Denpatō invita Motoko Ishii, une éclairagiste, à moderniser l’apparence de la tour.

Elle métamorphose son éclairage en 1989 par l’installation de 176 projecteurs, éclairant la tour de blanc du 7 juillet au 1er octobre et d’orange du 2 octobre au 6 juillet. La couleur blanche est obtenue par des lampes aux halogénures métalliques, la couleur orange avec des lampes à vapeur de sodium.

Fin 2008, pour célébrer les 50 ans de la tour, Motoko Ishii a conçu un nouvel éclairage : le Diamond Veil (Voile de diamant). Des lumières blanches sont placées sur les nœuds de la structure tandis qu’un dégradé, créé par des projecteurs, éclaire la tour de bleu au niveau de l’antenne et de rouge au niveau de la base.

Du 11 au 16 avril 2011, soit un mois après le séisme de la côte Pacifique de Tōhoku, la tour affichait grâce à 8 400 diodes électroluminescentes de couleur blanche le message Ganbaro Nippon : « Tiens bon, Japon ». Ce système était rechargé par le biais de panneaux photovoltaïques.

Tour de Tokyo éclairage Diamond Veil
Tour de Tokyo éclairage Diamond Veil

Les évènements de la Tour de Tokyo

De nombreux évènements sont organisés à la Tour de Tokyo en fonction des fêtes et des saisons. Il est par exemple possible, en réservant à l’avance, d’aller voir le soleil se lever le jour de l’An. Le jour de la fête des garçons, le 5 mai, 333 banderoles en forme de carpes, les koinobori, dansent devant l’entrée principale de la tour. Des projections vidéo et des illuminations saisonnières sont organisées, comme celle de la voie lactée pour célébrer le jour de la fête des étoiles (tanabata) en juillet. Enfin, les soirs de pleine lune, la partie supérieure de l’illumination est éteinte pour que l’on puisse mieux voir l’astre.

Tour de Tokyo Tanabata

La Tour de Tokyo dans la culture populaire

Facilement reconnaissable, la Tour de Tokyo est utilisée par de nombreux auteurs comme point de repère et élément important dans leurs histoires. Elle apparaît ainsi dans de nombreuses œuvres, notamment dans les films de kaijū (monstre) tels que Mothra ou Godzilla. Dans ces films, la Tour de Tokyo est fréquemment endommagée voire détruite par d’immenses créatures. Cela n’est bien évidemment pas dû au hasard, puisque pour beaucoup, la construction de la Tour de Tokyo a été la première étape de la formidable épopée qui a conduit le pays au sommet de l’économie mondiale. S’en prendre à ce symbole est donc un moyen de rappeler la fragilité de ce statut de puissance.

La Tour de Tokyo est également très populaire dans les mangas et anime, notamment dans le sous-genre magical girl. Elle apparaît par exemple dans Sailor Moon et dans Cardcaptor Sakura. L’inclusion de la Tour de Tokyo dans ces séries animées de filles magiques symbolise le lien entre le royaume fantastique et le monde réel. Sa présence imposante représente une lueur d’espoir, un lieu de rencontre pour les amis et une scène pour des batailles épiques contre le mal. La grandeur architecturale de la Tour de Tokyo et sa position dominante dans le paysage urbain en font une toile de fond idéale pour les transformations magiques et les aventures de ces personnages.

Sources : 

Tour de Tokyo Sailor Moon
© Sailor Moon (セーラームーン), Naoko Takeuchi (武内 直子)

 

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