La Yama-uba est une figure intrigante et complexe du folklore japonais. Parfois bienveillante, mais le plus souvent menaçante, elle apparait dans de nombreuses légendes et contes populaires comme une vieille sorcière vivant dans les montagnes reculées du Japon.
Culture
Description de la Yama-uba
山姥 Yama-uba
Yama-uba (山姥) ou Yamanba, est un yôkai du folklore japonais. Cette créature est parfois confondue avec yuki-onna (« la femme des neiges »), mais les deux yôkai sont bel et bien différents.
Yama-uba ressemble à une vieille femme relativement hideuse. Ses cheveux sont longs et hirsutes. Elle porte le plus souvent un kimono rouge en lambeaux. Sa bouche est aussi large que sa tête et dans certaines descriptions, la créature aurait même une deuxième bouche au sommet de sa tête. Yama-uba est capable de changer d’apparence. Elle use d’ailleurs de cette tactique pour capturer ses victimes.
Le nom de ce yôkai signifie donc littéralement « vieille femme des montagnes ». Il est également souvent traduit par « sorcière des montagnes » (le mot sorcière rappelant ici la laideur et à la méchanceté de cette créature).
Légendes autour de la Yama-uba
Yama-uba habite dans les forêts profondes des montagnes du Japon. Les victimes de Yama-uba sont les voyageurs qui se perdent dans les bois. Pour les attirer, elle se transforme soit en magnifique jeune femme soit en une vieille femme qui dit pouvoir aider le voyageur. Une fois qu’elle a gagné leur confiance, elle les mange. Elle est aussi capable de mettre ses cheveux en mouvement ou bien, selon les légendes, de les transformer en serpent.
Yama-uba n’est pas toujours cruelle. Elle aurait en effet élevé le héros du folklore japonais Kintarō. Selon la légende, la mère de Kintarō l’aurait abandonné dans la forêt, ou serait morte, le faisant orphelin. Perdu dans la forêt, Kintarō fit la rencontre de Yama-uba. Cette dernière, au lieu de le dévorer, le prit sous son aile et l’éleva comme son propre enfant.
Certains pensent que Yama-uba a été inventée pendant la période Edo, plus précisément pendant la grande famine qui poussa les hommes à s’aventurer dans les bois pour trouver du gibier à cause du manque de nourriture. Des personnages similaires existent pourtant depuis la période Heian.
Finalement, les récits autour de la Yama-uba varient considérablement. Dans certains contes, elle est une figure maternelle et protectrice, aidant les héros et offrant refuge aux enfants abandonnés. Elle est parfois associée à des histoires de sacrifices et de survie, reflétant les dures réalités de la vie dans les régions montagneuses du Japon. Cependant, dans d’autres histoires, elle prend un rôle plus sinistre, se transformant en une sorcière cannibale qui utilise sa ruse et sa magie pour tromper et dévorer ses victimes.
Kintarō et Yama-uba par Kitagawa Utamaro
La Yama-uba dans la culture populaire
Figure récurrente des contes japonais, la Yama-uba fait peur aux enfants. Dans la culture nippone, les parents se servent de ces récits pour dissuader les petits de s’éloigner.
Ce yôkai est présent dans de nombreuses œuvres, que ce soit dans des pièces de théâtre Nô, dans la littérature, les jeux vidéo, les mangas ou encore au cinéma. Il est également à l’origine d’une tendance de mode parmi les jeunes femmes japonaises, appelée Yamanba (ヤマンバ), dont l’apparence rappelle celle de Yama-uba.
Référence
湯婆婆 Yubāba
Yubāba (湯婆婆) est un personnage issu du célèbre film d’animation Le Voyage de Chihiro sorti en 2001 et réalisé par Hayao Miyazaki. Elle a une silhouette inhumainement grande, un nez proéminent et un grand monticule de cheveux gris peignés dans un style de chignon.
Yubāba est la sœur jumelle cadette de Zenība. Patronne d’Aburaya, l’établissement de bains publics, c’est une sorcière avare et acariâtre. Riche veuve, elle ne tolère que l’obéissance aveugle de ses employés. Seul son enfant unique est capable de la faire céder.
Ce personnage rappelle les Yama-uba, sorcières des montagnes dans le folklore japonais, dévorant les humains égarés mais mères protectrices, comme l’évoque son rôle de mère-poule avec son bébé.
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